Que fait un secouriste en santé mentale, concrètement ? Il apporte une première aide à une personne qui semble en souffrance psychique, qui traverse une période difficile ou qui vit une situation de crise. Il repère, approche, écoute, soutient, informe et oriente. Mais il ne remplace jamais un psychologue, un psychiatre, un médecin ou les services d’urgence.
Si une personne est en danger immédiat, menace de se faire du mal ou de faire du mal à quelqu’un, ou si sa sécurité ne peut pas être garantie, il faut contacter les secours sans attendre : le 15, le 112, ou le 114 par SMS pour les personnes sourdes, malentendantes ou ne pouvant pas parler. En cas d’idées suicidaires ou d’inquiétude suicidaire, le 3114 est le numéro national de prévention du suicide.
Le rôle du secouriste ressemble, dans son esprit, aux premiers secours physiques : agir en première intention, avec méthode, sans se substituer aux soignants. Pour comprendre le cadre général, vous pouvez consulter la page consacrée aux Premiers Secours en Santé Mentale.
Secouriste en santé mentale : de quoi parle-t-on exactement ?
Un secouriste en santé mentale est une personne formée à apporter une première aide à quelqu’un qui présente une souffrance psychique, un début de difficulté, une aggravation de son état ou une crise. Cette aide est relationnelle, pratique et orientée vers le relais. Elle ne consiste pas à soigner, diagnostiquer ou suivre durablement la personne.
Selon le ministère chargé de la Santé, le secourisme en santé mentale s’inspire du modèle des « gestes qui sauvent », adapté aux troubles psychiques et aux situations de détresse. L’objectif est de mieux repérer, mieux comprendre et mieux réagir, notamment en réduisant les idées reçues.
Un secouriste peut être un particulier, un collègue, un manager formé, un agent de collectivité, un membre d’association, un professionnel non soignant ou une personne travaillant dans un établissement scolaire ou universitaire. Ce rôle ne lui donne pas un statut médical. Il lui donne un cadre pour intervenir avec davantage de justesse, de prudence et d’humanité.
La nuance est importante : le secouriste n’est pas là pour « prendre en charge » la personne au long cours. Il est un premier maillon d’aide. Il peut ouvrir une porte, soutenir un premier pas, faciliter l’accès aux ressources. Ensuite, selon la situation, le relais doit être passé à des professionnels ou à des dispositifs adaptés.
Le rôle principal : repérer, écouter, soutenir et orienter
Le rôle d’un secouriste en santé mentale repose sur quelques missions simples à comprendre, mais délicates à mettre en pratique : remarquer qu’une personne va peut-être mal, aller vers elle avec respect, créer un climat de confiance, écouter sans minimiser, réconforter, informer et encourager le recours à une aide adaptée.
La méthode PSSM est souvent résumée par l’acronyme AERER : Approcher, Écouter, Réconforter, Encourager à aller vers des professionnels, Renseigner sur les autres ressources disponibles. Cette méthode ne se réduit pas à une liste de phrases à réciter. Elle demande de la présence, de la prudence et une capacité à écouter sans jugement, même lorsque ce que la personne exprime est déroutant ou inquiétant.
Repérer sans diagnostiquer
Le secouriste peut remarquer des changements : une personne qui s’isole, qui semble très triste, anxieuse, épuisée, confuse, désorganisée, ou qui tient des propos préoccupants. Il peut aussi observer une consommation de substances qui paraît problématique, une rupture avec l’entourage, ou une détresse inhabituelle.
En revanche, il ne conclut pas : « c’est une dépression », « c’est un burn-out », « c’est un trouble bipolaire » ou « c’est une crise psychotique ». Un signe isolé ne suffit jamais à poser un diagnostic. Le secouriste formule plutôt une préoccupation : « J’ai l’impression que quelque chose est difficile en ce moment » ou « Je vous sens en souffrance ». Pour approfondir cette limite essentielle, il est utile de comprendre pourquoi un secouriste PSSM ne pose jamais de diagnostic.
Créer un premier contact sécurisant
Approcher une personne en difficulté ne signifie pas l’interroger brutalement ou l’obliger à parler. Le secouriste choisit, si possible, un moment calme et un lieu respectueux de l’intimité. Il demande l’accord de la personne, parle simplement, évite les jugements et respecte le rythme de l’échange.
Il peut dire qu’il s’inquiète, à partir de faits observables, sans interpréter. Par exemple : « J’ai remarqué que vous sembliez très isolé depuis quelques jours, est-ce que vous souhaitez en parler ? » La personne peut accepter, refuser ou répondre plus tard. Le secouriste reste disponible sans s’imposer.
Orienter vers l’aide adaptée
Écouter est indispensable, mais ce n’est pas toujours suffisant. Le secouriste aide aussi la personne à identifier des relais : médecin traitant, psychologue, psychiatre, médecin du travail, services d’urgence, ligne d’écoute, proche de confiance, structure associative ou dispositif interne à une organisation.
Il ne décide pas à la place de la personne, sauf situation de danger immédiat. Il encourage, propose, accompagne parfois dans une première démarche si la personne le souhaite. Son rôle est de orienter vers les professionnels compétents et les ressources adaptées, sans se substituer à eux.
À retenir : ce que fait un secouriste en santé mentale
- Repérer une souffrance possible.
- Aller vers la personne avec respect.
- Écouter sans jugement.
- Réconforter et informer.
- Encourager une aide professionnelle.
- Orienter vers des ressources adaptées.
- Passer le relais si nécessaire.
Cette posture s’apprend. Lire un article peut aider à mieux comprendre le rôle, mais la formation PSSM permet de s’entraîner, de clarifier ses limites et d’adopter des réflexes plus sûrs.
Dans quelles situations un secouriste en santé mentale peut-il intervenir ?
Un secouriste en santé mentale peut intervenir dans des situations très différentes. Il peut s’agir de premiers signes de mal-être, d’une souffrance exprimée, d’une aggravation d’une difficulté déjà connue, d’une crise d’angoisse, d’une détresse importante, de propos suicidaires, d’une situation traumatisante ou de difficultés liées à une consommation de substances.
Son intervention peut avoir lieu dans la famille, le cercle amical, l’entreprise, une collectivité, une association, un établissement scolaire ou universitaire, un service d’accueil du public ou un environnement médico-social. Dans tous les cas, l’objectif reste le même : apporter une première aide, puis favoriser un relais adapté.
En milieu professionnel
En entreprise, le secouriste peut être une ressource de première écoute et d’orientation. Il peut contribuer à rendre les sujets de santé mentale moins tabous, à repérer plus tôt une situation préoccupante et à encourager le recours aux bons interlocuteurs : médecine du travail, ressources humaines, cellule d’écoute, dispositifs de prévention ou professionnels de santé.
Cette place doit toutefois être très clairement encadrée. L’INRS rappelle, dans ses travaux sur l’adaptation des PSSM au monde du travail, que le secouriste en santé mentale ne remplace pas l’examen du salarié par le médecin du travail et ne doit pas devenir un outil de gestion individuelle des risques psychosociaux. La prévention au travail reste une responsabilité collective et organisationnelle.
Dans les établissements scolaires, collectivités et associations
Dans les milieux éducatifs, associatifs ou territoriaux, la formation de secouristes peut être utile pour les professionnels en contact avec des jeunes, des usagers ou des personnes vulnérables. Là encore, le cadre compte beaucoup : à qui passer le relais ? Quelles procédures suivre ? Que faire si la sécurité est en jeu ? Quelles sont les limites de confidentialité ?
Former plusieurs personnes dans une organisation peut aider à créer une culture commune de vigilance, d’écoute et d’orientation. Pour Santé Mentale Éducation, cela peut se traduire par des formations organisées à Épernon pour les personnes qui s’inscrivent individuellement, ou par des formations intra pour les entreprises et structures publiques situées en Eure-et-Loir ou en Île-de-France.
Exemple concret : un collègue semble aller mal
Un collègue s’isole depuis plusieurs semaines, paraît épuisé et répond peu aux échanges habituels. Un secouriste formé peut proposer un moment calme pour parler, exprimer une inquiétude factuelle, écouter ce que la personne accepte de partager, puis l’encourager à contacter une ressource adaptée, comme le médecin du travail ou un professionnel de santé. Il ne conclut pas à un burn-out ou à une dépression.
Ce qu’un secouriste en santé mentale ne fait pas
Les limites du secouriste sont aussi importantes que ses missions. Elles protègent la personne aidée, le secouriste lui-même et l’organisation dans laquelle il intervient.
Un secouriste en santé mentale ne pose pas de diagnostic, n’interprète pas les symptômes, ne mène pas une psychothérapie, ne prescrit pas de médicament et ne conseille pas de modifier un traitement. Il ne remplace pas un psychologue, un psychiatre, un médecin, un médecin du travail ou les services d’urgence.
Il ne force pas la personne à parler, n’enquête pas sur sa vie personnelle, ne banalise pas sa souffrance et ne dramatise pas inutilement. Il ne promet pas non plus une confidentialité absolue si la personne est en danger ou si quelqu’un d’autre peut l’être. Dans ce cas, il doit chercher de l’aide auprès des personnes ou services compétents.
Ce qu’un secouriste en santé mentale n’est pas
- Pas un psychologue.
- Pas un psychiatre.
- Pas un médecin.
- Pas un médiateur RH automatique.
- Pas un confident tenu au silence absolu en cas de danger.
- Pas la seule personne responsable de la situation.
Pourquoi ces limites sont protectrices
Pour la personne aidée, ces limites évitent les conseils inadaptés et favorisent l’accès à une aide compétente. Elles respectent aussi son autonomie : le secouriste n’est pas là pour décider à sa place, mais pour l’aider à reprendre appui.
Pour le secouriste, elles évitent la surcharge émotionnelle, la confusion de rôle et l’isolement face à une situation grave. Pour les organisations, elles rappellent que les PSSM ne remplacent ni les obligations de prévention, ni les dispositifs de soin, ni l’action des professionnels compétents.
Se former permet justement d’apprendre jusqu’où aller, comment rester à sa place et quand passer le relais. C’est une dimension centrale du secourisme en santé mentale.
Que faire si la situation semble urgente ou dangereuse ?
Certaines situations dépassent immédiatement le rôle du secouriste. C’est le cas lorsque la personne tient des propos suicidaires, évoque un passage à l’acte, se met en danger, menace autrui, présente une confusion importante, une agitation extrême, des idées délirantes ou hallucinations inquiétantes, une intoxication, ou lorsqu’il est impossible de garantir sa sécurité.
Dans ces situations, il ne faut pas rester seul. Le rôle du secouriste est alors de chercher rapidement de l’aide et de savoir quand contacter les secours. Si cela peut être fait sans se mettre soi-même en danger, il est préférable de ne pas laisser seule une personne en danger imminent.
Urgence : qui contacter ?
- Danger immédiat : 15 ou 112.
- Idées suicidaires ou inquiétude suicidaire : 3114.
- Urgence par SMS : 114.
- Ne restez pas seul face à une situation grave : sollicitez un professionnel, une personne ressource ou les services compétents.
Comment le secouriste aide sans prendre le contrôle de la situation
Aider ne signifie pas prendre le pouvoir sur la situation. Le secouriste écoute avant de conseiller. Il pose des questions ouvertes, croit la souffrance exprimée, évite les jugements, respecte le rythme de la personne et propose plutôt qu’il n’impose.
Quelques réactions, même bien intentionnées, peuvent blesser ou fermer le dialogue : « Tu devrais relativiser », « Il faut te secouer », « Tu n’as pas l’air si mal », « Moi aussi j’ai vécu ça », « Je vais régler le problème », « Promets-moi de ne le dire à personne » ou « Je sais ce que tu as ». L’objectif n’est pas de trouver la phrase parfaite, mais d’adopter une posture respectueuse et prudente.
Erreurs fréquentes à éviter
- Diagnostiquer.
- Minimiser ou moraliser.
- Donner des conseils rapides.
- Promettre le secret absolu.
- Vouloir sauver seul.
- Confondre soutien et thérapie.
- S’imposer si la personne refuse de parler.
La bonne distance : être disponible sans devenir indispensable
Un secouriste peut être présent, mais il ne doit pas devenir l’unique soutien de la personne. Il n’a pas à être disponible 24 heures sur 24, ni à porter seul la responsabilité d’une situation complexe. Il peut accompagner vers une ressource, demander conseil à une personne compétente, passer le relais et reconnaître ses propres limites.
Cette juste distance n’est pas un manque d’engagement. C’est une condition pour aider dans la durée sans s’épuiser. Si vous soutenez régulièrement une personne en difficulté, il est important de prendre soin de soi quand on aide.
Pourquoi suivre une formation PSSM plutôt que se fier seulement à son intuition ?
La bonne volonté est précieuse, mais elle ne suffit pas toujours. Face à une personne en détresse, on peut être maladroit, minimiser sans le vouloir, vouloir trop bien faire ou se retrouver démuni. La formation PSSM donne un cadre pour agir avec plus de sécurité.
Elle permet notamment de mieux comprendre les troubles psychiques, de réduire les idées reçues, d’apprendre une méthode structurée, de s’entraîner à écouter sans jugement, de mieux repérer les situations de crise, d’identifier ses limites et de savoir orienter vers les ressources adaptées.
Le module standard est généralement organisé sur 14 heures. Il est accessible sans être professionnel de santé et il est délivré par des formateurs accrédités. Il ne forme pas des thérapeutes. Il forme des personnes capables d’apporter une première aide, dans un cadre clair, avant ou en complément d’un relais professionnel.
Chez Santé Mentale Éducation, cette formation s’inscrit dans une approche à la fois psychologique, pédagogique et concrète. Les personnes souhaitant se former individuellement peuvent participer à une formation organisée à Épernon, en Eure-et-Loir. Les entreprises et structures publiques situées en Eure-et-Loir ou en Île-de-France peuvent également envisager une formation intra dans leurs locaux.
En résumé : le secouriste en santé mentale est un relais, pas un soignant
Le secouriste en santé mentale repère, approche, écoute, rassure, informe, encourage l’aide professionnelle, oriente et passe le relais. Son rôle est précieux parce qu’il peut intervenir tôt, créer un premier lien et aider une personne à ne pas rester seule face à sa souffrance.
Ses limites sont tout aussi essentielles : il ne diagnostique pas, ne soigne pas, ne prescrit pas et ne porte pas seul la situation. Comprendre ce cadre est une première étape. Se former aux PSSM permet ensuite d’acquérir des repères pratiques, une posture plus sûre et des réflexes adaptés.
FAQ
Un secouriste en santé mentale est-il un psychologue ?
Non. Un secouriste en santé mentale apporte une première aide. Il ne pose pas de diagnostic, ne soigne pas et ne mène pas de psychothérapie. Il oriente vers les professionnels compétents lorsque c’est nécessaire.
Peut-on devenir secouriste en santé mentale sans être professionnel de santé ?
Oui. La formation PSSM est accessible à des publics variés. Elle ne transforme pas en professionnel de santé, mais donne un cadre de premiers secours en santé mentale.
Combien de temps dure la formation PSSM ?
Le module standard dure généralement 14 heures. Les modalités d’organisation peuvent varier selon les formateurs et les organismes. La formation est animée par des formateurs accrédités.
Un secouriste en santé mentale peut-il intervenir en entreprise ?
Oui, si son rôle est clairement défini. Il peut être une ressource de première écoute et d’orientation. Il ne remplace ni le médecin du travail, ni les obligations de prévention des risques psychosociaux.
Que faire si une personne refuse l’aide proposée ?
Si la situation n’est pas dangereuse, il faut respecter son choix, rester disponible et proposer des ressources. En cas de danger immédiat, il faut alerter les secours ou une personne compétente.
Le secouriste en santé mentale est-il tenu au secret ?
Il doit faire preuve de discrétion et respecter la confidentialité. Mais il ne peut pas promettre une confidentialité absolue si la personne est en danger ou si quelqu’un d’autre peut l’être. Les règles dépendent aussi du contexte professionnel ou institutionnel.